De l'OCEANIC au LYS NOIR, 112 ans d’Histoire d'un voilier unique

1914192219231930196619691973197619781982199019921994200720132017202120242026
1914

Tout commence dans un chantier.

Chantier BARRIERE vers 1910
Chantier BARRIERE vers 1910

Le chantier naval Barrière de l’Aiguillon est comme les chantiers voisins Bonnin et Bossuet issus d’une très longue tradition de famille de charpentiers de marine qui fonderont leur propre chantier de construction navale et le transmettront à leurs descendants.
En 1874, à l’âge de 27 ans, Pierre Gustave Barrière installera son chantier de construction navale au 27 boulevard Chanzy à Arcachon.

René BARRIERE - 1912
René BARRIERE - 1912

Son fils François René Barrière (1876-1970) prendra par la suite sa succession, la dénomination commerciale du chantier deviendra alors « Barrière Fils ».
Le chantier Barrière construira sur le site du boulevard Chanzy, pendant un siècle, des bateaux de pêche jusqu’à 50 tonneaux, chaloupes, thoniers, sardinières et nombreux yachts de plaisance.
Au droit du chantier, il disposait d’un accès direct au bassin par un slip avec chariot et treuil électrique.

L’équipe des Charpentiers de marine devant le chantier Barrière dans les années 1970
L’équipe des Charpentiers de marine devant le chantier Barrière dans les années 1970

L’équipe des Charpentiers de marine devant le chantier Barrière dans les années 1970 pour la mise à l’eau de ce beau voilier, le 3e en partant de la gauche est M. Verdier, Roger Pierre Barrière est le 6e en salopette et son frère André Pierre Barrière avant dernier en salopette.

Une commande prestigieuse

L’histoire du Lys Noir débute au tout début des années 1910, à une époque où la plaisance connaît un essor remarquable sur les côtes françaises.
C’est un officier Allemand qui passe commande au chantier Barrière de la construction de ce yacht d’exception, à ce jour nous n’avons pas plus de détail sur ce commanditaire.
Les plans sont établis par François René Barrière, probablement à partir d’un cahier des charges précis du futur propriétaire, en s’inspirant des bateaux-pilotes de la Gironde, réputés pour leurs lignes marines puissantes et leur excellente tenue à la mer.

Construction et saisie pendant la Première Guerre mondiale

La construction commence en 1913. La pose de la quille, considérée comme l’acte de naissance officiel du navire, à lieu en 1914.. 

Le voilier est construit selon les standards les plus élevés de l’époque :
• oeuvres vives en chêne
• carlingue en Orme
• superstructures en iroko
• gréement en yawl aurique (ou cotre à tape-cul), avec flèche à balestron

Le plan du Lys NOIR
Le plan du Lys NOIR

Avec une longueur hors tout de 24 mètres, une coque de 16,50 mètres, un maître-bau de 4 m et un tonnage de 25 tx, cette unité est exceptionnelle pour son temps.
Le navire est motorisé avec un moteur Couach, célèbre motoriste d’Arcachon avec un 4 cylindre essence de 20 chevaux, avec démarrage à la manivelle.

Mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale bouleverse son destin. À peine achevé, le yacht est saisi par les autorités françaises, en application des mesures de séquestre visant les biens appartenant à des ressortissants des puissances ennemies. Il reste immobilisé en cale sèche durant toute la durée du conflit.

1922

Océanic, la Belle Plaisance (1922–1950)

Les premières voiles sont commandé à la célèbre voilerie Claverie en 1922 sur bon de commande passée par Bellet et Castéra

1923

Le navire est finalement acquis le 6 juin 1923 pour 26 000 francs, soit 3 411 894,34 € en 2025 par Monsieur Jean Baronnet un acconier bordelais, un entrepreneur qui s’occupait du chargement et déchargement des navires marchands dans le port de Bordeaux.

Julien BARRONET – Acte de vente

Il est immatriculé à Bordeaux en avril 1926 sous le nom d’Océanic.

Le yacht est alors doté de cabines luxueuses tendues de soie et navigue avec un équipage professionnel, principalement composé de trois marins bretons.

1930

En 1935, lors du convoyage du voilier avec à bord la Miss France 1935 vers Libourne, Océanic démâte au  Bec d’Ambès, épisode marquant mais non fatal.

Dans l’entre-deux-guerres, l’Océanic incarne les fastes de la Belle Plaisance :

  • navigations régulières dans le golfe de Gascogne entre Aracachon et Belle-ile.
  • participation à plusieurs régates prestigieuses
  • victoire notable en 1928 à la course Royan – La Baule

Cependant, la crise économique, puis la montée des tensions internationales, réduisent progressivement son activité.

Après la Seconde Guerre mondiale, le coût de l’entretien et de l’équipage devient trop lourd. Le bateau est finalement remisé sur les bords de la Garonne, où il sombre peu à peu dans l’oubli.

1966

Renaissance et nouveau nom : Lys Noir (1966–1972)

Un dimanche 1966, Michel-Georges Reydi découvre la coque abandonnée du voilier dans les roseaux à proximité de Bordeaux.
La découverte du navire est raconter par la femme de Michel-Georges Reydi dans ses mémoires.

 

Voici  un document au format PDF  : 

extrait pdf

 

Pdf extrait « L’homme du Lys » Grand mere de Bérénice Reydi-Gramond

 

Avec Jacques Gerhart, les deux propriétaires entreprend pendant deux ans une restauration artisanale ambitieuse, mobilisant famille et amis.
Le navire est rebaptisé Lys Noir, marquant symboliquement sa renaissance.
L’idée de ce changement de nom viens de la volonté de pouvoir l’exploité et remboursé les dettes, Le nom Océanic n’est pas aux goût de Michel-Georges Reydi, il décide donc de changer de nom afin de lui donner plus de prestance, « La fleur de lys noir, aux pétales presque noirs, impose le silence et le respect. Souvent associée à l’élégance et au mystère, elle incarne une beauté profonde, rare et assumée.
Symbole ancien de noblesse et de renouveau, elle se pare de noir, couleur d’une élégance folle, intemporelle et puissante.
Le noir ne dissimule pas la lumière : il la révèle, la concentre, lui donne force et caractère.
Le Lys Noir est aussi un signe de chance et de prospérité, celles qui naissent des vents favorables et de la confiance accordée au voyage. Il est généralement interprété comme un symbole de renaissance, le début d’un voyage transformateur, où chaque horizon franchi devient une promesse nouvelle. »

Afin d’agrémenté le rêve et le mystère, Michel-Georges Reydi invente par la même occasion une petite légende :
« Après avoir gagné le pactole au Casino de Royan, une jeune princesse Austro -hongroise décide de faire construire un yacht dans un chnatier prestigieux d’Arcachon, le navire devait porté le nom des armoiries de la princesse soit un Lys Noir, malheureusement la première guerre arriva et la princesse rentra dans son pays natal… Michel-Georges Reydi décide donc de lui donner le nom qui lui était destiné à son origine»

1969

Repeint en noir, il est remotorisé avec un moteur Perkins type 6305 de 70ch.
En avril 1969, il reprend la mer et rejoint la Méditerranée, où il est exploité pour des activités de charter.

Bordeaux 1967 – Départ de Bordeaux pour la côte d’Azur

1973

Années difficiles et restaurations successives

Le LYS NOIR  après avoir navigué entre la cote d’Azur et la Corse, il quitte la méditerranée pour rejoindre le port de Granville en Normandie ou sont originaire l’un des propriétaires.

Lors de la remonter de la péninsule Ibéric une voie d’eau importante contraint l’équipage à faire une escale forcé au port de Lisbonne.

Années difficiles et restaurations successives (1973–1990)

En 1973 le Lys noir après avoir navigué entre la cote d’Azur et la Corse, il quitte la méditerranée pour rejoindre le port de Granville en Normandie ou sont originaire l’un des propriétaires.

Lors de la remonteée de la péninsule Ibéric une voie d’eau importante contraint l’équipage à faire une escale forcée au port de Lisbonne.

1976

Il apparaît dans le feuilleton Grand-père viking, une mini-série télévisée française créée par Claude-Jean Bonnardot en 6 épisodes de 52—55 minutes, diffusée du 24 janvier 1976 au 6 mars 1976 sur la 1re chaîne
de l’ ORTF.

1978

L’état du Lys Noir est d’année après année devient préoccupent et nécessite alors une prise de décision de tous les co-propriétaires.

Le mauvais état général exigeait un travail de fond important, donc onéreux, et ces derniers ne parvenant pas à se mettre d’accord, décidèrent sa mise en vente.

De nouveau abandonné, le Lys Noir attendait un sauveur.

C’est alors qu’un garçon de café parisien,

M. Ballez, rêvant de tour du monde et de liberté se porta acquéreur.

La mise en chantier put alors commencer, chez Servain à Granville, bien entendu les travaux, comme souvent, se révèlèrent plus importants que prévu : changement de toutes les varangues, des membrures, des bordés, et du pont en son entier, le budget initiale est totalement englouti, et comme un malheur n’arrive jamais seul, le chantier dépose le bilan avant la fin des travaux.
Un sursaut de volonté conduit le Lys Noir dans un nouveau petit chantier naval, et là encore des difficultés, le patron du chantier ne s’entend pas du tout avec le propriétaire et 1’épouse de ce dernier décède. Sa dernière tentative est de ramener le bateau à Paris pour 1e terminer lui-même.

En vain, les créanciers saisissent le bateau.

1982

Le bateau est de nouveau abandonné au sec le long de la grande jetée, très dégradé, les aménagements démontés avaient été pillés, ainsi que tout le gréement, l’accastillage et l’équipement.

1990

Sauvetage patrimonial et reconnaissance

Dans le cadre du concours « Bateaux des côtes de France », le Lys Noir est reconnu comme un témoin exceptionnel du yachting français du début du XXᵉ siècle.

Alain Lainé et Claire Vaillant rachètent le navire et confient sa restauration au chantier Anfray à Granville.

Pendant deux années Alain et Claire vont se dévoué corps et âme pour remettre le Lys Noir à l’eau, aidé par de nombreux Granvillais.

Le gréement d’origine en yawl aurique est rétabli. Le bateau retrouve un aménagement intérieur en acajou fidèle à son esprit d’origine. Le moteur est changé par un IVECO 95ch.

1992

Le Lys Noir est remis à l’eau le 6 juillet 1992, à peine le temps de mettre le gréement et les nouvelles voiles qu’il est temps pour sa première navigation depuis 14 ans : direction la première édition des fêtes maritimes de Brest : BREST 92 du 10 au 14 juillet.

Il est récompensé lors de plusieurs grands rassemblements maritimes, notamment à Brest (1992) où il a obtenu la mention spéciale du jury.

1994

Tournage du court métrage Le courrier des îles: Réalisé par Alain Marie. Avec Jean-Claude Dreyfus, Patrick Floersheim.

Sur l’île de Chausey, au début du siècle, un commandant accueille le lieutenant Follenfant, de retour d’un voyage de neuf mois en mer. Il lui demande d’aller inspecter le sémaphore et de rendre visite au gardien dont la femme est morte en couches, pendant son absence. Le veuf est persuadé que son interlocuteur avait une liaison avec son épouse alors que les lettres qu’il lui remet ont été écrites par le commandant.

Alain Lainé et Claire Vaillant au départ de Brest 2000

2007

En 2007 le bateau est vendu à Thierry Degrenne, fils de l’industriel virois. Celui-ci le fera labeliser B.I.P en 2009.
En 2011, Il est acheté par le Granvillais Michel Diss, ancien officier de la marine marchande. Il est exploité par l’association Mer Voile Pêche à Granville.
En 2013, année de rachat du bateau par Emilia Hole et Pascal Blanchet (armateur des vedettes Jolie France de Granville).

2013

Publicité Pour la société Saint James diffusée dans les salles de cinéma.

2017

Le Lys Noir et la Granvillaise devant la pointe du Roc

2021

Le Lys Noir aujourd’hui

Apres avoir embarquer comme capitaine en 2014 pour une saison complète, Yoann PAGEAUD decide de le racheter en 2021 et depuis le Lys Noir est Basé à Arradon, dans le golfe du Morbihan, il navigue d’avril à septembre et passe l’hiver à Lorient.

Caractéristiques

  • Type : Yawl aurique ou cotre à tape-cul
  • Longueur hors tout : 24 m
  • Longueur de coque : 17 m
  • Maître-bau : 3,90 m
  • Tirant d’eau : 2,20 m
  • Déplacement : 30 t
  • Matériaux : structure : chêne, carlingue : Orme, pont : Irocco, aménagements : Acajou, mat : pin d’Orégon
  • Voilure : 200 m²
  • Moteur IVECO 95ch
2025

Suit à l’invitation du salon nautique d’Arcachon, l’occasion était parfaite ramener le Lys Noir représentant du  savoir faire local et ainsi rencontrer les descendants de la famille du chantier Barrière et également le fils de du premier propriétaire monsieur Baronnet.

(en photo le grand père, le père et le petit fils BARRIERE )
(Dominique fils de Julien BARONNET avec Yoann PAGEAUD)

 

2026

Rendez-vous désormais  au  port d’Arradon (Morbihan) du 1er Avril à fin septembre pour des sorties en matinée, après-midi et soirée ainsi que des sorties en journée  vers l’Ile d’Houat.